Edouard Philippe relance le débat sur les retraites en défendant l’idée de travailler plus longtemps pour préserver le système. Interrogé sur France Inter, il a confirmé des positions déjà tenues auparavant et ravivé la controverse.
Il admet que c’est difficile à entendre et demande que tout allongement tienne compte des métiers et de la pénibilité. À l’approche de la présidentielle, il annonce un débat mêlant solidarité et pistes diverses, sans calendrier précis.
Philippe réaffirme l’allongement du temps de travail
Edouard Philippe, ancien Premier ministre et maire du Havre affilié à Horizons, a réaffirmé son soutien à l’allongement du temps de travail pour préserver le système de retraites. Invité sur France Inter le 28 mai, il a rappelé des positions déjà exposées en décembre 2021 dans le magazine Challenges. Il a évoqué la possibilité d’un recul de l’âge légal de départ jusqu’à 67 ans sans pour autant fixer ni âge cible ni calendrier précis.
Il justifie cette orientation par l’évolution démographique qui pèse selon lui sur l’équilibre financier du modèle social. Il a aussi insisté sur la nécessité de prendre en compte la diversité des métiers afin d’éviter une application uniforme. Conscient que cette proposition est impopulaire, il a reconnu que travailler plus longtemps n’est pas agréable à entendre mais la présente comme une contrainte collective.
Un recul de l’âge de départ pour tous ?
Philippe exige que l’allongement de la durée d’activité ne s’applique pas « dans les mêmes conditions » à tous, rappelant que les métiers diffèrent. Il veut que le législateur intègre la flexibilité et l’autonomie de certains postes ainsi que la pénibilité d’autres emplois en prévoyant des mesures différenciées, comme des départs anticipés ou des aménagements de fin de carrière. Traiter tout le monde pareil risquerait d’accentuer les inégalités.
Il estime qu’un âge légal de départ restera nécessaire pour garantir l’équilibre du système et qualifie cette exigence de « contrainte collective qu’il faut tenir ». Il rejette une approche reposant uniquement sur des ajustements individuels et réaffirme l’attachement au principe de solidarité, en plaidant pour un mix de règles communes et de dispositifs protecteurs pour les emplois les plus exposés.
Une réforme collective et de long terme
À l’approche de la présidentielle, Philippe anticipe que le dossier des retraites s’inscrira dans un débat plus large sur l’avenir du modèle social. Il propose d’associer une dose de capitalisation au système existant et d’envisager un allongement progressif de la durée d’activité pour tenir compte des évolutions démographiques. Il n’a donné ni calendrier ni âge cible précis.
Il juge nécessaire de mener ces changements par étapes et par consensus afin de répartir équitablement les efforts entre générations. Il plaide pour des arbitrages politiques et sociaux accompagnés de mesures de protection pour les métiers les plus exposés. Il insiste aussi sur la transparence des choix financiers et sur l’évaluation de l’impact budgétaire.
