Nicolas Dufourcq, directeur général de la BPI, a dit sur France Info le 29 mai défendre un départ à la retraite à 65 ans, voire plus, tout en acceptant des exceptions pour les métiers pénibles et les longues carrières.
Il critique massivement les départs anticipés des cadres, appelle à un changement des habitudes françaises, pointe la concentration de l’épargne chez les retraités et le recours à la dette, et propose que les pensions ne suivent plus automatiquement l’inflation.
Nicolas Dufourcq propose la retraite à 65 ans
Nicolas Dufourcq, invité de France Info vendredi 29 mai et parlant à titre personnel, a proposé de relever l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans voire davantage. Il a précisé prévoir des exceptions pour les métiers difficiles et les carrières longues, permettant dans ces cas un départ à 62 ans. Il a en outre proposé de désindexer les retraites de l’inflation et a indiqué que la forte inflation de 2023-24 lui a coûté 25 milliards d’euros par an.
Ces propositions constituent des pistes pour réformer le système de retraite et intégrer la question du financement à long terme. Il a appelé à engager un débat public sur ces options en laissant ouverts les choix de calendrier et de mise en oeuvre.
Le système français de retraites est-il soutenable ?
Selon Nicolas Dufourcq, la France est le seul pays européen où les retraités ont le même niveau de vie que les actifs, constat qu’il a exposé publiquement. Dans ce contexte, une part écrasante de l’épargne en France est détenue par les retraités, situation qui concentre une part importante des ressources financières nationales entre leurs mains.
Il affirme par ailleurs que dix pour cent des retraites françaises sont financées par la dette, situation qu’il présente comme unique en Europe. Il estime enfin que le coût pour la collectivité lié au niveau actuel des retraites s’élève à 55 milliards d’euros par an, somme que d’autres États réaffecteraient à l’éducation, à la justice ou au remboursement de la dette.
Ouvrir le débat maintenant !
Nicolas Dufourcq critique le départ anticipé massif des cadres et rappelle que 42 % des cadres partent en retraite anticipée. Il estime que cette réalité interroge la gestion des carrières et la circulation des compétences dans les entreprises. Pour lui, le phénomène révèle des incitations et des mœurs professionnelles qui poussent certains cadres à cesser leur activité prématurément.
Il affirme que les mœurs culturelles françaises doivent évoluer pour s’aligner sur le reste de l’Europe afin de normaliser des trajectoires professionnelles différentes. Il déplore le blocage du débat sur l’âge de la retraite qui empêche selon lui d’analyser en profondeur ces mécanismes. Il souhaite « ouvrir les entrailles » des mécanismes pour comprendre les causes et dégager des solutions concrètes susceptibles de faire évoluer les pratiques.
